27 avril 2017

Le Point d’O

LE PROJET POINT D’O

L’association a ouvert en septembre 2016, dans l’agglomération tourangelle, un lieu d’accueil, établissement scolaire, destiné aux jeunes déscolarisés ou en risque de l’être et à celles et ceux dont les parents souhaitent une éducation plus en rapport avec leurs convictions éducatives.

Des chercheurs et des professionnels de l’éducation  pourront y expérimenter, en accord avec les jeunes et les familles, des approches individualisées et innovantes pour les réconcilier avec les apprentissages et les aider à réparer l’image, souvent dégradée, qu’ils ont d’eux-mêmes.

Le Point d’O se veut un :

    • Ecole, collège et lycée hors-contrat ouvert à chacun.e
    • Lieu d’accueil pour jeunes en rupture scolaire
    • Espace de co-apprentissage et de remédiation

Approche pédagogique :

Le Point d’O se présente d’abord comme un « lieu de vie » avant d’être un établissement scolaire. Il se veut  une base de sécurité pour des jeunes, malmenés ou non par la vie ou dans leur scolarité. Chacun est libre d’y mener un projet personnel en fonction de sa situation et de ses objectifs.
Ce lieu est ouvert du lundi au vendredi toute l’année. Nous recevrons, à terme, des élèves de 6 à 20 ans. A ce jour, seul l’établissement secondaire est ouvert, l’école élémentaire devrait suivre dans les prochaines semaines pour une ouverture au début du printemps.

Garantir le droit de l’enfant à l’éducation :

L’environnement de l’établissement met en permanence l’élève en contact avec la connaissance. Que cela soit à travers ses discussions avec les adultes, permanents et intervenants, et les autres élèves de tous âges ou au travers de ses rencontres avec les ouvrages écrits de la bibliothèque de l’établissement et des ressources numériques librement accessibles.

Dans le cadre de son projet, l’élève se verra proposer des ressources, relationnelles, intellectuelles, numériques et matérielles. Des activités collectives et individuelles sont proposées sans qu’aucune ne soit obligatoire.

S’inspirant de l’expérience des écoles “Sudbury”, chaque jeune est libre de travailler sur les sujets qui l’interessent, au moment où cela lui convient, aussi longtemps qu’il le souhaite selon les principes de l’apprentissage autonome.

Garantir la maitrise du socle commun des connaissance et compétences


Un travail est mené par tous les adultes de la structure sur la formalisation de l’acquisition des compétences, souvent informelles, possédées et développées par les jeunes. Il permet de valider l’acquisition des compétences du socle commun en les reliant aux activités pratiquées grâce à une plateforme numérique développée par le réseau des écoles Sudbury françaises. Nous suivons en cela la réforme 2016 du socle qui donne une grande place à l’évaluation continue de l’acquisition des compétences par les enseignants dans la validation du diplôme national du Brevet – 400 points sur les 700 possibles, 350 étant nécessaire à sa validation.

La place du numérique dans notre projet éducatif.

La culture numérique est un des éléments centraux de l’approche. En effet, dans l’esprit du “Bien commun” et de l’Open source, les pratiques coopératives, l’auto-apprentissage, le co-apprentissage et l’évaluation par les pairs permettent à chacun d’être auteur de son projet d’apprentissage. Les outils numériques existants garantissent l’accès libre et permanent à des ressources pédagogiques fiables et gratuites ainsi que le suivi de la progression et l’auto-évaluation immédiate de la progression.

Les piliers du projet éducatif de l’association Objectif 100% sont l’individualisation du parcours et le co-apprentissage.


L’individualisation car aucun enfant n’apprend au même rythme, ni n’a les mêmes talents ; le co-apprentissage car, si on peut apprendre seul grâce à des outils appropriés, la connaissance ne se construit et ne s’enracine que par l’échange avec autrui, que ce soit pour confronter une hypothèse ou pour s’assurer de sa juste compréhension.

« Une instruction que l’on reçoit sans la transmettre forme des esprits sans dynamisme, sans autocritique. » Gaston Bachelard

Ce fonctionnement, naturel à l’humain, est surdéveloppé par l’irruption des usages et des outils numériques.

  • Cette irruption bouleverse le rapport à la connaissance.

Depuis la nuit des temps, le savoir était dans la tête du maître, puis dans les livres que lui seul savait lire, puis dans des ouvrages plus ou moins accessibles. Depuis 20 ans, l’ensemble du savoir est accessible à qui sait où le trouver. Nous avons, presque tous, dans notre poche un terminal nous reliant à ce savoir. Pourquoi l’éducation devrait-elle être la seule de nos activités qui échappe à ce progrès ?

  • Cette irruption bouleverse le rapport aux apprentissages

L’apprentissage se fait par la répétition et l’expérimentation, toutes choses que l’informatique permet à l’infini. Ce rapport aux apprentissages met réellement et concrètement le jeune au centre du système, sans crainte du jugement des pairs ou des adultes.

  • Cette irruption bouleverse la démarche expérimentale


En permettant de simuler, de prototyper, à moindre frais et très vite, elle permet de lever les freins à l’innovation et à l’expérimentation, autorisant l’attrition
dans des projets de recherche.

  • Cette irruption bouleverse les rapports sociaux et les hiérarchies

L’interconnexion induite par ces outils et pratiques renforce le pouvoir de la coopération. Il est devenu facile d’échanger avec tous et chacun. Des communautés se créent, virtuelles ou physiques au rythme des intérêts et des projets.

Un enfant peut communiquer avec un expert reconnu du domaine auquel il s’intéresse, par courriel, par vidéo-conférence, puis par des rencontres. Le numérique met tous ses utilisateurs sur un pied d’égalité.

La capacité de diffusion offerte par les applications du numérique donne une audience insoupçonnée aux travaux des jeunes, renforçant leur estime d’eux-mêmes en donnant du sens aux efforts qu’ils consentent.

Nous voulons que le projet Objectif 100% permette aux jeunes ne se sentant pas à leur place dans le système scolaire classique de retrouver l’envie, puis le goût d’apprendre et d’expérimenter. Pour cela nous voulons créer et animer un lieu de de vie et de co-apprentissage, inspiré de la philosophie des Fab-Labs et des réseaux réciproques d’échange de savoirs (RERS). Un lieu qui soit une base de sécurité où ils trouvent toutes les ressources relationnelles, culturelles et matérielles pour reprendre le fil de leur projet de vie.
La culture et les outils numériques sont donc au coeur de notre démarche.