27 avril 2017

Le Point d’O

LE PROJET POINT D’O

L’association a ouvert en septembre 2016, dans l’agglomération tourangelle, un lieu d’accueil, établissement scolaire, destiné aux enfants, dès 3 ans, dont les parents souhaitent une éducation en rapport avec leurs convictions éducatives et aux jeunes déscolarisés ou en risque de l’être.

Des chercheurs et des professionnels de l’éducation  y expérimentent, en accord avec les jeunes et les familles, des approches individualisées et innovantes pour les réconcilier avec les apprentissages et les aider à réparer l’image, souvent dégradée, qu’ils ont d’eux-mêmes.

Le Point d’O se veut un :

  • Etablissement primaire et secondaire hors-contrat ouvert à chacun.e
  • Espace de co-apprentissage et de remédiation
  • Lieu d’accueil pour jeunes en rupture scolaire

Approche pédagogique :

Le Point d’O se présente d’abord comme un « lieu de vie » avant d’être un établissement scolaire. Il se veut  une base sûre, où des jeunes peuvent continuer à expérimenter les apprentissages naturels, comme ils le faisaient avant d’être scolarisés. Chacun.e est libre d’y mener, à son rythme, un projet personnel en fonction de sa situation et de ses objectifs.

 Nous recevons des élèves de 3 (à compter du 1 octobre 2018) à 20 ans.

 

 

Le Point d’O s’inspire de l’expérience des écoles “Sudbury”, des écoles démocratiques dirigées par le Conseil d’école, au sein duquel chaque membre a les mêmes droits, et laissant les enfants libres de leurs choix éducatifs, avec le soutien des adultes, selon les principes de l’apprentissage autonome.

La première école a été fondée il y a 50 ans aux Etats-Unis par des parents s’interrogeant sur la meilleure éducation à donner à leurs enfants pour qu’ils s’insèrent pleinement dans la démocratie nord-américaine en en maitrisant les institutions.Il leur est apparu que la meilleure façon pour cela était de leur faire expérimenter au quotidien le fonctionnement d’une démocratie. Une fois ce principe posé, il implique que le Conseil d’école est souverain sur tous les aspects de la vie de l’école et des membres en son sein. La deuxième conséquence st que si on considère que des enfants de 4 à 20 ans sont aptes à prendre des décisions qui les engagent et à en assumer la responsabilité, au nom de quoi les forcerait-on à apprendre telle ou telle matière, à tel rythme ou de telle façon ?

Il n’y a donc aucun cours qui ne soit sollicité, ni aucune obligation d’apprentissage. Chacun.e est vraiment libre de ses choix.

Depuis 50 ans, cette approche a démontré son efficacité et les anciens élèves des écoles Sudbury, plusieurs centaines d’écoles à ce jours et plusieurs milliers d’ancien.ne.s, n’ont aucune difficulté à trouver leur place dans ce monde. On les retrouve à tous les niveaux et dans tous les métiers.

En France, en 2018, il y a une quarantaine d’écoles fonctionnant sur ce modèle, regroupées au sein de l’association EUDEC France

Le Point d’O s’insère dans l’environnement réglementaire français.

A ce titre, nous sommes soumis à deux obligations, contrôlées par les inspections académiques :

Garantir le droit de l’enfant à l’éducation :

L’environnement de l’établissement met en permanence l’élève en contact avec la connaissance. Que cela soit à travers ses discussions avec les adultes, permanents et intervenants, et les autres élèves de tous âges ou au travers de ses rencontres avec les ouvrages écrits de la bibliothèque de l’établissement et des ressources numériques librement accessibles.

Dans le cadre de son projet, l’élève se verra proposer des ressources, relationnelles, intellectuelles, numériques et matérielles. Des activités collectives et individuelles sont proposées sans qu’aucune ne soit obligatoire.

Chaque jeune est libre de travailler sur les sujets qui l’interessent, au moment où cela lui convient, aussi longtemps qu’il le souhaite selon les principes de l’apprentissage autonome.

Garantir la maitrise du socle commun des connaissance et compétences


Un travail est mené par tous les adultes de la structure sur la formalisation de l’acquisition des compétences, souvent informelles, possédées et développées par les jeunes. Il permet de valider l’acquisition des compétences du socle commun en les reliant aux activités pratiquées grâce à une plateforme numérique développée par le réseau des écoles Sudbury françaises. Nous suivons en cela la réforme 2016 du socle qui donne une grande place à l’évaluation continue de l’acquisition des compétences par les enseignants dans la validation du diplôme national du Brevet – 400 points sur les 700 possibles, 350 étant nécessaire à sa validation.

Les piliers du projet éducatif de l’association Objectif 100% sont donc l’individualisation du parcours et le co-apprentissage.

L’individualisation car aucun enfant n’apprend au même rythme, ni n’a les mêmes talents ; le co-apprentissage car, si on peut apprendre seul grâce à des outils appropriés, la connaissance ne se construit et ne s’enracine que par l’échange avec autrui, que ce soit pour confronter une hypothèse ou pour s’assurer de sa juste compréhension.

« Une instruction que l’on reçoit sans la transmettre forme des esprits sans dynamisme, sans autocritique. » Gaston Bachelard

Ce fonctionnement, naturel à l’humain, est surdéveloppé par l’irruption des usages et des outils numériques.

 La place du numérique dans notre projet éducatif.

La culture numérique est un des éléments centraux de l’approche. En effet, dans l’esprit du “Bien commun” et de l’Open source, les pratiques coopératives, l’auto-apprentissage, le co-apprentissage et l’évaluation par les pairs permettent à chacun d’être auteur de son projet d’apprentissage. Les outils numériques existants garantissent l’accès libre et permanent à des ressources pédagogiques fiables et gratuites ainsi que le suivi de la progression et l’auto-évaluation immédiate de la progression.

  • Cette irruption bouleverse le rapport à la connaissance.

Depuis la nuit des temps, le savoir était dans la tête du maître, puis dans les livres que lui seul savait lire, puis dans des ouvrages plus ou moins accessibles. Depuis 20 ans, l’ensemble du savoir est accessible à qui sait où le trouver. Nous avons, presque tous, dans notre poche un terminal nous reliant à ce savoir. Pourquoi l’éducation devrait-elle être la seule de nos activités qui échappe à ce progrès ?

  • Cette irruption bouleverse le rapport aux apprentissages

L’apprentissage se fait par la répétition et l’expérimentation, toutes choses que l’informatique permet à l’infini. Ce rapport aux apprentissages met réellement et concrètement le jeune au centre du système, sans crainte du jugement des pairs ou des adultes.

  • Cette irruption bouleverse la démarche expérimentale

En permettant de simuler, de prototyper, à moindre frais et très vite, elle permet de lever les freins à l’innovation et à l’expérimentation, autorisant l’attrition dans des projets de recherche.

  • Cette irruption bouleverse les rapports sociaux et les hiérarchies

L’interconnexion induite par ces outils et pratiques renforce le pouvoir de la coopération. Il est devenu facile d’échanger avec tous et chacun. Des communautés se créent, virtuelles ou physiques au rythme des intérêts et des projets.

Un enfant peut communiquer avec un expert reconnu du domaine auquel il s’intéresse, par courriel, par vidéo-conférence, puis par des rencontres. Le numérique met tous ses utilisateurs sur un pied d’égalité.

La capacité de diffusion offerte par les applications du numérique donne une audience insoupçonnée aux travaux des jeunes, renforçant leur estime d’eux-mêmes en donnant du sens aux efforts qu’ils consentent.

Nous voulons que le projet Objectif 100% permette aux jeunes ne se sentant pas à leur place dans le système scolaire classique de retrouver l’envie, puis le goût d’apprendre et d’expérimenter. Pour cela nous voulons créer et animer un lieu de de vie et de co-apprentissage, inspiré de la philosophie des Fab-Labs et des réseaux réciproques d’échange de savoirs (RERS). Un lieu qui soit une base de sécurité où ils trouvent toutes les ressources relationnelles, culturelles et matérielles pour reprendre le fil de leur projet de vie.
La culture et les outils numériques sont donc au coeur de notre démarche.